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27 mars 2011

Tout n'est que paroles

" Ô hommes ! Informes mollusques, foule qui sort dans les rues, millions de fourmis que les pieds du Temps écrasent ! Vous n'avez pour demeure que la vapeur commune de votre véritable sang : les paroles. Votre rumination vous écoeure, votre respiration vous étouffe. Votre personnalité et vos expressions se mangent entre elles. Telles paroles, telles moeurs, ô société ! Tout n'est que paroles. " F.Ponge

 

dimanche088


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16 novembre 2013

Sagesse des plafonds

" Ces derniers temps tu as fait des choses bien plus bizarres, Je vivais tranquillement avant cette obsession absurde, avant de chercher une femme qui  ne sait même pas que j'existe, Mais toi tu sais qu'elle existe et c'est bien là le problème, Je ferais mieux de renoncer une bonne fois pour toutes, Peut-être, peut-être, en tout cas rappelle-toi que ce n'est pas seulement la sagesse des plafonds qui est infinie, les surprises de la vie sont infinies elles aussi, Que veux-tu dire avec une sentence aussi ringarde, que les jours se suivent et ne se ressemblent pas, C'est encore plus ringard," J.Saramago

bouillotte002

 

 

 

6 septembre 2013

Quel dommage !

"  Enfin, elle me dit, en faisant remonter avec la main la partie de jupe qui était sur ses genoux : « Tâtez, c'est de la toile de Vichy. » Cela lui découvrit peu à peu toutes ses jambes qui étaient dures et sans autres vêtements, et elle me pressait de plus en plus, tant que je m'éveillais. Quel Dommage ! " P.J. Toulet

 

aetm002

 

 

 

3 mars 2013

La mélancolie de l'artiste

« Il ne fallait pas s'y tromper : cette oeuvre était une image de la mort de l'art, une réflexion spéculaire sur ce monde condamné à la répétition infinie de ses propres modèles. Et ces variations minuscules de copie à copie, qui avaient tant exacerbé les visiteurs étaient peut-être l'expression ultime de la mélancolie de l'artiste : comme si, peignant la propre histoire de ses oeuvres à travers la propre histoire des oeuvres des autres, il avait pu, un instant, faire semblant de troubler "l'ordre établi" de l'art. » G.Perec

 

souris002

 

 

 

 

 

12 mars 2013

Elle

« Après avoir monté les escaliers de chêne sombre elle se trouve devant la glace au cadre que rongèrent les vers elle y contemple un torse vierge toute la campagne est embrasée et doucement arrive à ses pieds une bête domestique comme pour rappeler cette vie animale qu’aussi bien recèle un corps de femme. » J.Follain

 

neige004

 

 

 

 

 

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3 février 2013

Opaque

" Nous imaginons la véritable histoire à l'intérieur des mots, et pour ce faire nous nous substituons à la personne dans l'histoire, prétendant la comprendre parce que nous nous comprenons nous-mêmes. C'est un leurre. Nous existons pour nous-mêmes, peut-être, et il y a des moments où nous parvient une lueur de celui que nous sommes, mais en fin de compte nous ne pouvons pas avoir de certiude, et au fur et à mesure que nos vies se poursuivent nous devenons de plus en plus opaques à nos propres yeux, de plus en plus conscients de notre propre incohérence." P.Auster

 

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10 janvier 2013

Sans usage

" Au cours de mes voyages, je continue de collecter des centaines et des milliers d'images photographiques, des villes ou des paysages que je découvre, je continue de photographier sur pellicules argentiques dont je me contente de faire développer les négatifs - vérifiant seulement à leur sortie du laboratoire qu'ils ont été corectement exposés -, qui s'entassent ensuite dans des classeurs. Il est presque certain que je ne verrai jamais ces images (...) cette immense collecte est un butin invisible, sans usage." A.Fleischer

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1 janvier 2013

Seul dans la v...

" Était-ce la photographie qui tuait la vie en la figeant ? Il était six heures du soir. Les musées, les galeries et les monuments fermaient. Tu te retrouvais seul dans la ville, sans autre chose à faire que marcher dans les rues, et regarder les architectures, les magasins, les restaurants." É.Levé

 

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25 décembre 2012

Elle arrive

" Le brigand faisait partie de ces gens qui sont de vrais titans dans l'art de différer, qui trouvent de la jouissance dans la privation d'une jouissance, car écrire des lettres, c'est bien une jouissance. Comme il aurait voulu l'avoir fait. Et tout à coup la nouvelle vint du petit café : elle arrive." R.Walser

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13 juillet 2012

Pas grand-chose

"La ronde lampe.
La machine à écrire.
Le lit, le lit de la petite !
La forme de votre femme dans l'autre, après.
Elle dort du côté du mur.
Sur la table, il y avait un carnet. Ce carnet était plein de notes sur moi, écrites évidemment depuis trois jours, et où ma tendresse était comparée à pas grand-chose, qui n'a su que donner l'extrême du courage et de l'oubli de soi pour que vous existiez." C.Pozzi

 

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3 février 2012

Cabinet obscur

" Aussitôt qu'un homme sera dans le corridor désigné par son billet, une gouvernante le conduira dans un cabinet obscur ; elle lèvera une petite coulisse, l'homme examinera par cette ouverture toutes les jeunes filles du premier ou du second côté du corridor, rassemblés dans la salle commune qui leur est propre : il fera connaître à la gouvernante celle qu'il choisit; et cette femme après avoir conduit l'homme à la chambre de la jeune fille, ira chercher celle-ci." R de La Bretonne


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17 novembre 2011

Paradis

" Avant d'aborder Anna, Gustave pense à autre chose. Je sais bien, se dit-il, que le Paradis n'est pas un parc où circulent des voitures décapotables, bleues ou jaunes, intérieur blanc. Ce serait trop simple. Le Paradis est peuplé d'hommes puissants, toujours prêts à pénétrer leurs compagnes et celles des autres. Certains ont un cabriolet, d'autres n'en ont pas. " P.Dumayet

 
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13 novembre 2011

Insatiable concupiscence

" Ce qu'il peut y avoir de beauté dans le mariage, une vie commune à diriger, des enfants à élever, ni lui, ni moi, n'en tenions grand compte. Ce qui surtout me tenait prisonnier et me tourmentait violemment, c'était l'habitude d'assouvir une insatiable concupiscnce; et lui, c'était l'étonnement qui l'entraînait à la même servitude." St-Augutin

 

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16 novembre 2011

Âme dans la poche

" Il ferma les yeux et replongea bientôt dans sa somnolence, la main qui tenait mollement les fiches retomba sur le couvre-lit, plusieurs glissèrent par terre, il y avait là les photos d'une jeune fille à différents âges, allant de la fillette à l'adolescente, abusivement apportées ici, car personne n'a le droit de s'approprier des photos qui ne lui appartiennent pas, sauf si elles lui ont été offertes, transporter le portrait d'une personne dans sa poche c'est comme emporter un peu de son âme. " J.Saramago

 

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31 juillet 2011

Refaire un tout avec Vous

 

" Ceux qui se sont aimés pendant leur vie et qui se font inhumer l'un à côté de l'autre ne sont peut-être pas aussi fous qu'on pense. Peut-être leurs cendres se pressent, se mêlent et s'unissent ! Que sais-je ? Peut-être n'ont-elles pas perdu tout sentiment, toute mémoire de leur premier état. Peut-être ont-elles un reste de chaleur et de vie dont elles jouissent à leur manière du fond de l'urne froide qui les renferme. Nous jugeons de la vie des éléments par la vie des masses grossières ! Peut-être sont-ce des choses bien diverses. On croit qu'il n'y a qu'un polipe ! Et pourquoi la nature entière ne serait-elle pas du même ordre ? lorsque le polipe est divisé en cent mille parties, l'animal primitif et générateur n'est plus; mais tous ses principes sont vivants.
Ô ma Sophie ! il me resterait donc un espoir de vous toucher, de vous sentir, de vous aimer, de vous chercher, de m'unir, de me confondre avec vous quand nous ne serons plus, s' il y avait dans nos principes une loi d'affinité, s'il nous était réservé de composer un être commun, si je devais dans la suite des siècles refaire un tout avec vous, si les molécules de votre amant dissous avaient à s'agiter, à s’émouvoir et à rechercher les vôtres éparses dans la nature !
Laissez-moi cette chimère, elle m'est douce, elle m'assurerait l'éternité en vous et avec vous." D.Diderot

 

 

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5 juillet 2011

Le matin

"Depuis des années - toujours - assurément depuis les premières atteintes du mal qui le dévore, il redoute le matin. Du moins, midi l'accable-t-il, le jette-t-il sur son lit, persiennes closes, même au coeur de décembre, car sa défaillance semble obéir au rythme mystérieux de l'heure, non de la saison. Au lieu que l'angoisse matinale prolonge curieusement l'insomnie, il en est comme l'intolérable épanouissement. " G.Bernanos

 

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4 juillet 2011

« Je suis amoureux »

" Certains disent que les progrès du langage ont entraîné une dépendance de la pensée, et donc une contrainte des idées... ce qui voudrait dire par exemple que mon amour est limité par la phrase « Je suis amoureux», et qu'il serait plus libre, plus grand, sans les mots pour le dire. C'est intenable. Le langage ne peut pas être une contrainte de la pensée, c'est au contraire le langage qui s'oppose aux idées reçues, aux conventions, à la rigidité de nos cinq sens, il bouscule jusqu'à ses propres règles, il est plus que le code de l'abstraction, il en est la substance. " Ch.Donner

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1 juillet 2011

Peine

" « Je vais me tuer ! » qu' il me prévenait quand sa peine lui semblait trop grande. Et puis il parvenait tout de même à la porter sa peine un peu plus loin comme un poids bien trop lourd pour lui, infiniment inutile, peine sur une route où il ne trouvait personne à qui en parler, tellement qu'elle était énorme et multiple. Il n'aurait pas su l'expliquer, c'était une peine qui dépassait son instruction. " L-F Céline

 

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27 juin 2011

C'est trop facile

" - Pas de femme, non, je n'ai pas de femme. Pourquoi, je n'en sais rien. J'ai fait une promesse à une fille, chez moi.
- Eh bien, moi, je prétends que le gamin, il a raison s'il a promis à sa pépée... Nom de Dieu, moi je vois pas l'inrérêt de cavaler après les femmes dans les ports. C'est trop facile. "
M.Lowry

 

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31 décembre 2009

Conscient

" les hommes ne sont jamais conscients des règles fondamentales des systèmes et des cultures qui constituent le milieu où ils vivent. Aujourd’hui, les technologies et les milieux qui en résultent se succèdent les uns aux autres à un tel rythme qu’un milieu nous rend conscients du suivant. Les technologies commencent à jouer le rôle que jouait l’art et à nous rendre conscients des conséquences psychiques et sociales de la technologie."  M.Mc Luhan

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20 octobre 2010

J'attends

"Je ne regrette pas ma vieille part de gaîté divine : l'air sobre de cette aigre campagne alimente fort activement mon atroce scepticisme. Mais comme ce scepticisme ne peut désormais être mis en oeuvre, et que d'ailleurs je suis dévoué à un trouble nouveau, - j'attends de devenir un très méchant fou. " A.Rimbaud

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5 octobre 2010

Le sort

" j'aime, moi, ces vents violents, cette pluye que j'entens frapper nos goutières pendant la nuit, cet orage qiui agite avec fracas les arbres qui nous entourent, cette basse continue qui gronde autour de moi; j'en dors plus profondément, j'en trouve mon oreiller plus doux, je m'enfonce dans mon lit, je m'y ramasse en un peloton; il se fait en moi une comparaison secrette de mon bonheur avec le triste état de ceux qui manquent de gîte, de toit, de tout asile, qui errent la nuit exposés à toute l'inclémence de ce ciel, qui valent mieux que moi peut-être que le sort a distingué, et je jouis de la préférence." D.Diderot

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3 octobre 2010

Le sens de votre poésie

" Les uns ont cru au signe de la croix, les autres au croissant, et vous, vous écoutiez les mots sonores : nous ne comprenons plus rien aujourd'hui aux inquiétudes des anciens philosophes. Nous les traitons d'enfants, si nous découvrons soudain ce qui les a fait mourir. Ainsi, mais avec quelle rapidité, nous avons perdu le sens de vos paroles, le sens de votre poésie." L.Aragon

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22 août 2010

Gena & Genor

" C'était à sa manière une jolie femme, intelligente et impie, énergique et immorale, primesautière et incroyablement vulgaire. Genor tomba aussitôt amoureux de son visage, de ses tétons et de son con incroyablement poilu. À vrai dire, il n'en vit que les poils, elle ne lui permit jamais d'aller plus loin. Elle, de son côté, s'amaroucha du coffre de son soupirant. Aux premières lueurs de l'aube ils franchirent donc ensemble, sans encombre, la porte de la ville." L.Klima

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31 juillet 2010

Passager

" Un portrait peut avoir l'air triste, sombre, mélancolique, serein, parce que ces états sont permanents; mais un portrait qui rit est sans noblesse, sans caractère, souvent même sans vérité, et par conséquent une sottise. Le ris est passager. On rit par occasion; mais on n'est pas rieur par état." D.Diderot

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