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12 avril 2007

Rigole

" Chaque matin à la première rosée je m'en allais le long de la Rigole. Quelle solitude ! (Le chemin latéral est interdit aux autos, motos, etc., et ces parages se trouvent loin du grand tourisme.) Je suis seul, tout est à moi tout seul à perte de vue de ce que je vois, de ce que je sens, de ce que je pense. Je suis chez moi, je l'appelle volontiers ma Rigole. Je suis le Roi-Soleil. Et quel silence ! " J.Delteil

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20 août 2006

Os

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" Alors se révéla à nos yeux une horreur qui nous aurait submergés si nous n'y avions été préparés. A travers une ouverture presque carrée dans le sol de mosaïque, jonchant un escalier de pierre tellement usé qu'il se réduisait à un plan incliné en son centre, se trouvait un amas effroyable d'os humains ou semi-humains. Ceux qui avaient conservé leur intégrité de squelettes étaient figés dans des attitudes de terreur panique, et tous portaient des marques de dents de rongeurs. Les crânes dénotaient des êtres atteints de débilité, de crétinisme, ou encore des créatures primitives à demi simiesques. " H.P.Lovecraft

24 février 2006

Les mots

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" - Non, mon petit chat, ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Quand on parle, il y a, malheureusement, en plus des intonations et du timbre de la voix, la signification des mots - ceux-là on ne peut les retourner comme un chat que l'on fourre dans un sac par la queue - on peut le faire jusqu'à un certain point, dans certains cas, mais il en rete toujours quelque chose. Or, voici ces mots... (je lui cite quelqu'une de ses mauvaises plaisanteries au sujet de mes portraits, ou encore une sotte allusion en rapport avec le "Bären-problem in Tatras" - le problème des ours - si rares à présent dans les montagnes des Tatras). " S.I.Witkiewicz

24 novembre 2005

Le vide universel

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" Oui, bonnes gens, c'est moi qui vous ordonne de brûler, sur une pelle, rougie au feu, avec un peu de sucre jaune, le canard du doute, aux lèvres de vermouth, qui, répandant, dans une lutte mélancolique entre le bien et le mal, des larmes qui ne viennent pas du coeur, sans machine pneumatique, fait, partout, le vide universel. C'est ce que vous avez de mieux à faire..." Lautréamont

11 juin 2007

Planète

" Ce soir, nous mesurons le gâchis électoral qu’a constitué la division des forces de gauche qui ne se reconnaissent pas dans le programme du Parti socialiste. Comme nous n’avons cessé de le dire pendant toute la campagne, nous ne nous résignons pas à cette division.

Un autre avenir est possible pour la justice sociale, la rénovation démocratique et la sauvegarde de notre planète. Il suppose une gauche de transformation sociale suffisamment forte et unie pour en finir avec une gauche d’accompagnement du modèle économique libéral."
  J.Bové

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25 avril 2007

Parler

" Dominique Strauss-Kahn, lui, souhaite sur Europe 1 que Ségolène Royal et François Bayrou « puissent se parler » car il y a « une occasion historique de changer la donne » politique. « Je note que François Bayrou, qui a soutenu Romano Prodi contre Berlusconi, doit très logiquement aujourd'hui avoir la même démarche vis-à-vis de Nicolas Sarkozy », dit l'ancien ministre socialiste." D.Strauss-Kahn

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6 mars 2007

Femmes

" Certains peintres, parce qu'ils aimaient les femmes, tout au moins leur corps et leur esprit, ont laissé des oeuvres sublimes parce que imprégnées d'érotisme. C'est le cas de Boucher, de Fragonard, d'Ingres, mais surtout de Picasso. Le Malaguen adorait les femmes : il les baisait, il les peignait, il les engrossait, il les trompait, il les dotait, il les répudiait."  M.Rheims

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30 novembre 2006

Le soleil cache l'horizon

" Au cours de la discussion un autre de mes amis était intervenu et sa lucidité s'était soudain obscurcie par le fait qu'il apercevait la lumière extérieure qu'il projetait sur lui-même : le mot lumière n'existe pas, mais la lumière existe, est-elle vibration ou humidité ? etc., etc...

« Il y a des hommes qui ont la tête en bas, comme les plantes, et qui regardent avec leurs pieds ! » telle fut la conclusion de notre conversation sur l'intelligence et nous eûmes l'impression d'échapper pour quelques minutes à la folie des hommes qui comprennent et expliquent......." F.Picabia

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23 mars 2006

Ce soir

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" Il regarda la morte. La vivante était jolie. Quelles complications sentimentales dans l'existence. Tout cela avait une valeur ironique, une subtile qualité de comique. « Ce soir, pourquoi pas... mais non, je n'ai rien à faire... »  Par degrés, il percevait mieux le ridicule de la situation, et combien c'était la morte qui était ridicule - et non pas eux." P. Nizan

26 mai 2006

Au lit

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" 24 Avril 1661. - Réveillé ce matin, la tête en triste état après les beuveries d'hier soir. J'en suis bien fâché. Je suis sorti avec M. Creed pour boire notre pinte matinale, mais il m'a fallu prendre du chocolat afin de me remettre l'estomac. Dîné avec ma femme chez sir William Batten. Toute la conversation roula sur la belle réussite des solennités d'hier. Le soir, je me suis mis à noter dans mon journal les événements de ces trois derniers jours. Tandis que j'écris, j'entends les bruits des feux d'artifice qu'on tire en ce moment sur la Tamisen en présence du Roi. Je voudrais bien y être aussi. Je regrette de ne pas voir cela. Au lit." S.Pepys

30 mai 2006

Jean-Jacques

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31 mai 1762. Le livre de Rousseau occasionne du scandale de plus en plus. Le glaive et l’encensoir se réunissent contre l’auteur, et ses amis lui ont témoigné qu’il y avoit à craindre pour lui. Il se défend là-dessus, en prétendant que ce livre a été imprimé sans son consentement, et même sans qu’il y eût mis la dernière main. Il y a longtemps qu’il y travaille : sa santé ne lui a jamais permis de le continuer avec l’exactitude qu’il méritoit. Il en avoit laissé les lambeaux épars dans son cabinet ; bien des gens l’ont pressé vivement de donner son ouvrage au public, et se sont obligés de le rédiger : Rousseau a témoigné qu’il y avoit bien des choses qu’il voulait supprimer, et l’on lui a répondu qu’on ferait tout cela. On n’en a rien fait, et il paraît in naturalibus. Voltaire

26 octobre 2005

Exil

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" La pluie a cessé. Nous nous sommes promenés avec N. de seize à dix-sept heures. Un temps calme et relativement doux, un ciel couvert, sur les montagnes un rideau de brouillard, des odeurs de fumier et d'engrais dans l'air. "Mars avait l'air d'avril, et maintenant avril est devenu mars" - ce sont les mots de N.; moi, je passe, je ne sais comment, à côté de telles observations si N. n'attire pas mon attention. Sa voix m'a frappé au coeur. Elle a une voix de poitrine, légèrement rauque. Dans la souffrance sa voix s'en va plus profond encore, et on dirait que c'est l'âme qui parle directement..." L. Trotsky

8 novembre 2005

Le besoin de savoir

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" Mr. Corbeck revint très vite avec le livre. Il l'avait immédiatement trouvé à l'endroit où il l'avait vu trois ans auparavant. Il avait placé plusieurs bandes de papier pour marquer les passages que je devais lire; il me remit le tout en disant : - C'est ce qui a orienté au début Mr. Trelawny et moi aussi, quand je l'ai lu; ce livre sera pour vous, je n'en doute pas, un intéressant point de départ pour une étude spéciale, quel qu'en puisse être le dénouement..." B. Stoker

11 novembre 2005

Sans maudire

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" Notre malheureux camarade se rendit à huit heures et demie au front pout y inspecter les avants-postes de sa colonne. En route, il rencontra quelques miliciens en route vers l'arrière. Il fit stopper sa voiture : comme il en descendait, un coup de feu retentit. On peut supposer qu'il a été tiré d'une fenêtre d'un des petits hôtels de la plaza de Moncloa. Durruti s'écroula aussitôt sans mot dire. La balle meurtrière lui avait transpercé le dos. La blessure était mortelle, il fut impossible de le sauver..." H.M. Ensensberger

18 novembre 2005

Virtualité du 2 décembre 1919

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" Pardonnez-moi, on ne devrait jamais faire de reproches sans s'expliquer imédiatement. J'ai été tellement malade ces temps-ci que vraiment écrire une ligne, signer un livre était trop pour mon odieux malaise. Aujourd'hui où je semble entrer dans une période d'accalmie, je peux écrire un peu. Et pourtant entrer dans la voie des reproches, qu'elle difficile chose ! J'ai tâché toujours de préserver notre amitié - notre virtualité d'amitié puisque hélas nous n'avons encore jamais eu vous les loisirs, moi la santé, d'en réaliser la puissance..." M.Proust

22 février 2006

Argus

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" 22 février. Les vaches ne me donnent pas beaucoup de travail. De temps en temps, je lâche Argus pour les ramener vers le sud. Il y a à l'ouest un immense précipice bordé d'herbes juteuses, mais la terre s'y éboule facilement. On m'a dit de faire attention, car il y a deux ans une bonne laitière a dévalé le ravin." D. Kis

6 mars 2006

Semence

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" Ils ont bien vite fini de faire l'amour; il n'a fallu que quelques minutes au garçon, qui venait tout juste de quitter son lit - lourd d'un sommeil juvénile qui l'a rempli d'une semence à laqualle il suffisait de bien peu pour se répandre. En rebouclant sa ceinture, il s'en va, jetant tout juste un coup d'oeil intimidé (mais d'une timidité libre de toute gêne) en direction de Lucie." P.P.Pasolini

1 juin 2006

Elles épaississent à plaisir les ténèbres

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" Oui, tu as raison au sujet de la femme. Chez les plus merveilleuses, il y a toujours impossibilité à accéder à une certaine région intellectuelle, désincarnée, de l'amour : elles n'arrivent pas à l'abstraction. D'un seul coup, chez elles qui ont gravi la plus haute colline, au moment où l'on croit qu'elles vont en atteindre la cime, elles tombent à pic, plus bas que le point d'où elles étaient parties. C'est un accident de l'utérus. Cela [ne) se visite [plus]." G.Lely

26 mars 2006

Immortel

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*

Je suis immortel, ça je le sais,

Que l'orbite sur laquelle je tourne ne puisse s'évaluer en degrés de charpentier, ça aussi je le sais.

Que je ne passerai pas comme arabesque d'enfant dessinée au fusain dans la nuit, ça je le sais encore.

Je suis auguste et je le sais,

Je n'incite pas mon coeur à se justifier pour qu'on le comprenne.

Les lois élémentaires ne cherchent jamais d'excuses, à ce que je vois

(Tout bien pesé, je ne m'estime pas plus orgueilleux que le niveau avec lequel je mets ma demeure d'aplomb),

J'existe tel que je suis, c'est assez,

Que personne ne fasse attention à moi

Ou que l'on y fasse attention de partout

Cela m'est égal !

W.Whitman

30 avril 2006

La matrice Lämmer de naht de fin anormale de Der ziehen le heim

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La soirée vient la bande d'agneaux à la maison

Les grandes boules en pierre célèbrent leur repas de midi
Les puces émigreront une fois que les paris sont placés
Alors le pays sera vide
Beaucoup plus de personnes doivent mourir de la famine
Prenez l'épée et percez le pot de pisse
Prenez le soleil et secouez votre jambe de pantalon
Tout doit être pensé plus de soigneusement
Inopinément les lions ont débarqué dans ma cheminée
Inopinément ma tête a chuté sur mon bout
Rammta de Tarammtata
La patrie nous aimerons le grand gâteau au fromage
Et la lune vieux Bismarck
Et les bateaux bordant autour de la purée de pommes de terre
à minuit

R.Huelsenbeck

21 octobre 2005

Vénus, Junon et Hébé

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" ...je suivis, par un beau jour d'été, notre blonde Vénus dans son logement de la Stock-im-Eisen-Platz. Tandis que la jeune et jolie créature était étendue, nue, sur le divan, moi, debout, appuyé à la fenêtre, dans mon costume de coupe encore parfaitement enfantine, mon chapeau de paille et ma canne à la main, je faisais appel à la conscience de la belle, tout ensemble ennuyée et amusée, qui aurait espéré être plus agréablement distraite par ce garçon de seize ans; je l'adjurais de se tourner vers une profession plus convenable et de plus d'avenir que celle qu'elle avait choisie, et je cherchais à donner du poids à mes conseils en lui lisant des passages appropriés d'un livre que j'avais apporté à cette fin - je ne sais plus, hélas, lequel..." A.Schnitzler

16 juin 2006

St Thomas

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" Au rebours de tant de philosophes qui aboutisent au perpétuel devenir, il en arrive à l'essentielle et suprême immutabilité qui ne peut plus changer parce qu'elle est toutes choses à la fois. En un mot, les choses muent parce qu'elles sont imparfaites : mais leur degré permanent de réalité ne se justifie que comme fragment d'une réalité totale, complète et parfaite. Elle s'appelle DIEU." G.K.Chesterton

17 juin 2006

Amour

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" On est libre non parce qu'on ne dépend de rien ni de personne, mais pour dépendre de ce qu'on aime; et l'on est privé de sa liberté quand on dépend de ce qu'on n'aime pas. Ce n'est donc pas l'indépendance - comme le pose Sartre - qui donne la mesure de la liberté, mais l'amour : celui qui serait tout amour serait liberté, celui qui n'a point d'amour est le suprême prisonnier. " P.Reverdy

20 novembre 2005

Avere un vestito come il suo

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" À la vue de l'homme en uniforme, bouclé et raide dans une telle splendeur, le singe pensa :« Au fond, ma condition n'est pas si triste : je mange bien, je fais ma gymnastique, les gens qui se pressent autour de cette cage m'amusent. Mais j'aimerais tellement avoir un habit comme le sien » ." L.Sciascia

14 février 2006

Coeur et esprit

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" - Le malheur de perdre ce qu'on aime ne dépend pas toujours d'une passion contraire, et je crois, repris-je, que les amants qui jouissent en liberté du plaisir d'aimer, peuvent plus aisément encore se porter à l'inconstance.

- Je suis toujours surprise, répondit-elle, quand je songe combien il est difficile de conserver un amant, que l'on puisse jamais être tentée d'en prendre."

C. Crébilon

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