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27 mars 2010

Apeiron

" Epicure a bien montré qu'il fallait qu'il y ait une génialité de la nature sans laquelle elle n'aurait rien créé. Le jaune du forsythia n'était pas présent dans le terreau. Ce jaune, cette qualité, a surgi. Si, dans les faits, il n'y avait rien de plus que la cause, la nature serait d'une absolue monotonie. La causalité n'est pas une simple répétition, c'est une innovation. Ainsi, Epicure a imaginé cette espèce d'espièglerie de l'atome. J'ai découvert la nature comme physis (totalité) avec Anaximandre, le premier philosophe de la nature la pensant comme infini (apeiron), comme étant l'origine de toute chose, douée d'une capacité de créativité indéfinie."  M.Conche

 

DS002

 

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28 mars 2010

Femmes

" La métaphysique et le poème me sont venus par les femmes : alexandrins raciniens dans la bouche de ma mère, et par elle évoqués au seul titre de souvenirs de lycée, mystères de grandes abstractions que véhiculaient, en leur croyance approximative, les vocables bienveillants et maladroitement solennels de mes grand-mères." P.Michon

 

 

dimanche033

7 mars 2010

Les filles

" elle rejette la tête en arrière, les jambes autour des hanches de Christie qui s'agitent, les traits tendus, la bouche ouverte, barbouillée de rouge à lèvres mélangé à la mouille de Christie, et de crier « Oh mon Dieu je jouis je jouis baise moi je jouis », car je leur ai dit à toutes les deux de me prévenir quand elles atteindraient l'orgasme, et très audiblement surtout." B.E. Ellis

 

 

 

bracelet002

31 août 2009

Beauté

" De la langue et de l'écriture, prises comme opérations magiques, sorcellerie évocatoire.
   De l'air dans La Femme.
   Les airs charmants, et qui font la beauté, sont :
   L'air blasé,
   L'air ennuyé,
   L'air évaporé,
   L'air impudent,
   L'air froid,
   L'air de regarder en dedans,
   L'air de domination,
   L'air de volonté,
   L'air méchant,
   L'air malade,
   L'air chat, enfantillage, nonchalance et malice mêlés.
"
Ch.Baudelaire

PC003

 

 

29 mai 2011

Auprès d'elle

" J'écris ces notes le dimanche matin. J'aimerais écrire tous les jours, mais je ne dispose pas de ma soirée. J'achète des livres et je les range dans ma bibliothèque. C'est Éva qui a le temps de lire. Les moments que nous passons ensemble sont courts et je les réserve à Éva quand je ne fais pas les devoirs des enfants. Il faut qu'elle soit endormie à neuf heures et demie, exactement. Si elle se couche un peu plus tard, elle est prise d'un singulier énervement et ne dort plus de la nuit. Lorsque je ne suis pas dans la chambre, elle ne peut pas s'assoupir. Elle n'a pu supporter longtemps que je partage son lit, mais il faut que je sois auprès d'elle. " J.Chardonne

 

peluche002




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31 janvier 2011

Désert

" La plupart des bons acteurs ne sont pas de grands cerveaux : ils n'ont pas le sens de la dialectique, ne voient pas les contradictions et la perversité des réalités. On ne peut pas leur en vouloir : leur métier consiste à endosser un rôle, non à créer un personnage. Ça, c'est le travail du romancier. Où sont les romanciers ? Je n'en sais rien. Derrière leur bureau, à travailler, je suppose. N'oubliez pas que l'Amérique n'est pas l'Europe, et la tradition des romanciers engagés n'existe plus (si tant est qu'elle ait jamais existé). Ici, nous hurlons dans le désert. " N.Mailer

meteo002




13 mars 2013

Une épave

« Or, souvent je prends par l'épaule
le coin d'une haie, je l'étreins
croyant y trouver un dernier appui - une amie.
Aussi bien, son épine déchire ma manche;
ses moineaux conchient mon vieux chapeau.
Il se trouve que mes yeux n'ont plus de larmes - 
et à me parcourir des bras aux pieds
c'est tout secs qu'ils voient une épave ! » I.Ch'Vavart

 

fran_ois1er

 

 

27 février 2013

Grand temps

« La pensée productiviste, portée par l'Occident, a entraîné le monde dans une crise dont il faut sortir par une rupture radicale avec la fuite en avant du "toujours plus", dans le domaine financier mais aussi dans le domaine des sciences et des techniques. Il est grand temps que le souci d'éthique, de justice, d'équilibre durable devienne prévalent. » S.Hessel

 

Beno_t_XVI

 

 

 

7 février 2013

Rarement

" Il était un peu deçu mais il ne se trompait pas de trou. Il me prenait rarement en traître, il essayait plutôt de me convaincre. Il me tenait les hanches fermement entre ses mains, me pénétrait par l'arrière, je gémissais, il bougeait peu, je ne me souvenais plus s'il déchargeait. On entendait du bruit dans l'escalier, on se rhabillait. On montait chez moi. Il ne supportait pas ces soirées. Il y était venu pour moi, on me remettait un prix avant l'ouverture de la fête, il voulait être là, j'avais fait un petit discours, il m'en parlait dans la cuisine, où on buvait un verre d'eau avant d'aller se coucher. " C.Angot 

 

grue002

 

 

 

10 juillet 2012

Flamme intérieure

"  Je ne pouvais l'accuser de sécheresse. L'être que j'étais maintenant vis-à-vis d'elle était le « témoin » le mieux choisi pour comprendre ce qu'elle-même avait été. Le portefeuille, la bille d'agate, étaient simplement redevenus pour moi à l'égard d'Albertine ce qu'ils avaient été pour Gilberte, ce qu'ils eussent été pour tout être qui n'eût pas fait jouer sur eux le reflet d'une flamme intérieure. " M.Proust

encombrant002

 

 

29 juillet 2011

Heureux

" Farouche, donc, comme Cézanne, mais avec une tendresse particulière pour l'une de ses modèles, Sien, prostituée qu'il recueille chez lui avec ses deux enfants. « Elle n'a rien d'extraordinaire, c'est une simple femme du peuple qui personnifie pour moi quelque chose de sublime; l'homme qui aime une femme tout à fait ordinaire et qui est aimé par elle est heureux, malgré le côté sombre de la vie » (Lettre à Théo). " V.Van Gogh

 

jjss002





8 mars 2010

Agathe

"Quelquefois, il m'arrive d'entendre à hauteur des balcons un bruit très doux, soyeux et insistant comme le passage d'un vol d'ibis; il fait nuit noire et nuit venteuse, ce sont des seins, des seins qui volent dans les balbutiements de nos lèvres trop sèches, des seins d'Agathe et de martyre, une oasis dans un corsage, un lait salé, à goût de sueur, qui se déverse de ces trésors pendus au ciel. " B.Visage

 

Wolfie004

28 février 2011

Tout un jour

" Quelque odeur que ce soit, c'est merveille combien elle s'attache à moi et combien j'ai la peau propre à s'en abreuver. Celui qui se plaint de nature de quoi elle a laissé l'homme sans instrument à porter les senteurs au nez a tort, car elles se portent elles-mêmes. Mais à moi particulièrement, les moustaches, que j'ai pleines, m'en servent. Si j'en approche mes gants ou mon mouchoir, l'odeur y tiendra tout un jour. Elles accusent le lieu d'où je viens. Les étroits baisers de la jeunesse, savoureux, gloutons et gluants, s'y collaient autrefois et s'y tenaient plusieurs heures après."  M.de Montaigne

 

salleattente002


20 février 2011

Je deviens de pierre

" Quand il n'écrit pas, Kafka est non seulement seul, seul comme Franz Kafka, dira-il à G.Janouch, mais d'une solitude stérile, froide, d'une froideur pétrifiante qu'il appelle hébétude et qui semble avoir été la grande menace qu'il ait redoutée. Même Brod, si soucieux de faire de Kafka un homme sans anomalie, reconnaît qu'il était parfois comme absent et comme mort. Très semblable encore à Hölderlin, au point que tous deux, pour se plaindre d'eux-mêmes, emploient les mêmes mots; Hölderlin : « Je suis engourdi, je suis de pierre », et Kafka : « Mon incapacité à penser, à observer, à constater, à me rappeler, à parler, à prendre part à la vie des autres devient chaque jour plus grande; je deviens de pierre...»" M.Blanchot



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11 juillet 2013

Signe de l'amitié

« Tu sais, mon cher amour, que j'ai des idées sur "l'argent" qui m'a tant fait souffrir par son absence. Une de mes idées, c'est qu'il est - ce métal mystérieux - en vertu d'un décret divin, le "signe de l'amitié". Je l'ai dit un jour à des imbéciles qui ont cru que j'exprimais une pensée basse et cynique, alors que je leur donnais un aperçu du symbolisme  le plus transcendant : " Je reconnais un ami à ce signe, qu'il me donne de l'argent." » L.Bloy

 

tarte002

 

 

 

 

31 mai 2012

C'est venu !

" J'ai rarement vu ça. Tous mes cas psychologiques, ils sont comme ça. Quand ils éjaculent à trente ans, à quarante ans pour la première fois de leur vie, on dirait qu'ils vont mourir. C'est comme une mort. Ils restent comme ça, ils  bougent plus. Ils  parlent plus, ils respirent plus. Moi, je lui caressais le dos, j'ai dit, ça va bien, c'est venu ! Il m'a dit, Oh yes ! Il pouvait plus parler, le pauvre ! Pour la première fois de sa vie. J'ai dit, oh ! mais c'est bien. " G.Réal

 

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30 mai 2012

Qui ?

" Que s'est-il passé dans le sommeil ? À tout moment on meurt et on ressuscite un peu différent. Ce que j'aime dans ma mère, c'est un souvenir qu'elle évoque par quelques gestes, une image à peu près effacée d'elle-même. Elle a été plusieurs femmes. Quand elle mourra, qui aurai-je perdu ? " J.chardonne

 

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4 mars 2012

Multitude

" Avant ma naissance, mon père menait déjà son existence d'homme, à ce moment il était beaucoup plus jeune, à peine vingt ans, il faut dire qu'il est plus facile de bander lorsqu'on est jeune, d'oublier Dieu le temps de se soulager, et déjà il signifiait à ma mère qu'elle n'était pas la seule femme de sa vie, qu'elle ne pourrait jamais l'être car que peut-on faire devant la multitude de femmes à aimer, devant leurs seins qui se donnent en spectacle, qui battent le rythme de la marche et qui se tendent à perte de vue, eh bien on ne peut que vouloir les toucher, on ne peut que les faire venir près de soi pour mieux les détailler." N.Arcan


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20 juillet 2011

« Il le faut »

" Tout véritable écrivain - que l'on songe à Flaubert, à Kafka, à Proust et à tant d'autres - connaît cette exigence d'écrire, ce « il le faut », mais cette exigence d'écrire était-elle celle d'écrire Madame Bovary, ou Du côté de Guermantes ? Je ne le crois pas, et c'est du reste pourquoi les correspondances de Flaubert ou de Kafka, qui se réfèrent bien plus directement que leurs romans au « il le faut », m'ont précisément toujours paru plus importantes, plus riches d'avenir que leurs romans." R.Laporte

 

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3 décembre 2010

Tétons

" L'autre jour, je craignais que les tétons de ma Vénus ne fussent trop écartés, et voilà que je tombe sur une photographie de l'Aurore du Tombeau de Julien de Médicis. J'ai pu me rendre compte que Michel-Ange, lui, ne s'était pas gêné pour mettre encore plus d'écart entre les deux seins." P-A.Renoir


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23 novembre 2010

Illumination

" Mais depuis plusieurs jours, je diffère de noter ceci. Les textes zen disent que le sentiments d'agonie qui précède l'Illumination déclenche le rire. Peu avant de perdre conscience, j'ai vu mon chat Fourrure, et entrevu dans l'obscurité le sourire du chat invisible d'Alice au pays des merveilles." A.Malraux

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26 mai 2010

Primauté du temps sur l'espace

" L'espace est la forme pure de l'intuition externe, le temps la forme pure de l'intuition interne. Le temps « ne peut-être une détermination de phénomènes externes; il n'appartient ni à une figure ou à une situation...». « Et précisément parce que cette intuition interne ne donne aucune figure, nous cherchons à suppléer ce manque par des analogies, nous nous représentons la suite du temps à l'aide d'une ligne se prolongeant à l'infini où le divers constitue une série à une seule dimension, et nous concluons des propriétés de cette ligne à toutes les propriétés du temps, à cette seule exception près que les parties de celle-là sont simultanées, les parties de celles-ci toujours successives. " M.Heidegger

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30 août 2009

Offense

" Il faut éviter de regarder un tableau sous la lampe, comme de le faire après le vin. S'abstenir également d'ouvrir un rouleau en compagnie des vulgaires. La manière désordonnée de dérouler le tableau risque de l'abîmer matériellement; les propos ignorants et stupides (qui se veulent savants) constiteunt une offense non moins grave à la peinture. " F.Cheng

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3 octobre 2009

Ça me fait pleurer

" Et puis je me suis retrouvé à la rue, dans le froid, sous la pluie, les chaussures mouillées. J'avais qu'une seule paire de chaussures, je squattais à nouveau, sur un lit de camp, dans le salon, chez les autres, et j'en pouvais plus. Il y a des gens pour qui la vie, c'est ça... C'est pas possible, on ne peut pas faire comme les socialistes, dire qu'il n'y a rien à redire. On ne peut pas. La culture occidental, c'est pas possible. Il y a un livre absolument génial d'Hervé Gauchet, où il t'oblige à redevenir comme tu étais quand tu avais deux ans. Un livre qui s'appelle Provins à colorier. Et il y a un Chevalier, il y a la Tour, il y a la Dame, tout ça, et toi, tu es devant, et moi, ça me fait pleurer, et donc là, tu vois, comme quand t'étais petit, le Chevalier, tu t'identifies, comment c'était génial avant. Avant. Et comme après, maintenant, tu es dans une soi-disant société, une société dégueulasse, où t'es... Où t'es ? Un chien. Ouah, ouah ! " G.Dustan

grue019

 

 

10 septembre 2009

Inaccessible

" Si la vérité qu'une femme propose  à qui l'aime est l'inconnu (l'inaccessible), il ne peut la connaître ni l'atteindre, mais elle peut le briser : s'il est brisé, que devient-il lui-même, sinon ce qui dormait en lui d'inconnu, d'inaccessible ? Mais d'un tel jeu, ni l'amant, ni l'amante jamais ne pourront rien saisir, ni fixer, ni rendre à volonté durable. Ce qui communique (est pénétré en chacun d'eux par l'autre) est la part aveugle qui ne se connaît ni ne connaît. Et sans doute il n'est pas d'amants qu'on ne trouve occupés, acharnés à tuer l'amour, tâchant de le borner, de se l'approprier, de lui donner des murs. " G.Bataille

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