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5 septembre 2006

Besoin

coiffeur002

" Je ne veux pas vous tromper, vous ne parviendrez point à vaincre mon amour; mais vous m'apprendrez à le régler : en guidant mes démarches, en dictant mes discours, vous me sauverez au moins du malheur affreux de vous déplaire. Dissipez surtout cette crainte désespérante; dites-moi que vous me pardonnez, que vous me plaignez; assurez-moi de votre indulgence. Vous n'aurez jamais toute celle que je vous désirerais; mais je réclame celle dont j'ai besoin : me la refuserez-vous ? " Ch de Laclos

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2 décembre 2006

Jamais en public

soleil003

" Un valet se présenta avec un plateau chargé de hors-d'oeuvre. Saint-Germain, qui ne mangeait jamais rien en public, l'écarta d'un geste, mais le nain Gastembide se jeta dessus avec une grossièreté toute moyenâgeuse. Le comte sortit sa montre du gousset. - Eh bien, ça va être un long voyage, murmura-t-il. " R.Gary

8 novembre 2006

La route

" Le monticule était l'un des plus élevés de cette région d'ordures, et tandis que je grimpais vers le sommet, cherchant mon souffle, le coeur battant comme un gros marteau, je vis au loin à ma gauche la pleine lueur rouge du ciel, et plus près le scintillement de lumières. Dieu merci ! je savais maintenant où j'étais et où passait la route de Paris !"  B.Stoker

parking002

4 novembre 2006

Masque

" Parmi les plus hauts moments de la philosophie de Nietzsche, il y a les pages où il parle de la nécessité de se masquer, de la vertu et de la posivité des masques, de leur instance ultime. Mains, oreilles et yeux étaient les beautés de Nietzsche (il se félicite de ses oreilles, il considère les petites oreilles comme un secret labyrinthique qui mène à Dionysos). Mais sur ce premier masque, un autre, représenté par l'énorme moustache." G.Deleuze

lune002

27 octobre 2006

Sonnet to satan

In darkroom of your eye the moonly mind
someraults to couterfeit eclipse;
bright angels black out over logic's land
under shutter of their handicaps.

Commanding that corkscrew comet jet forth ink
to pitch the white world down in swiveling flood,
you overcast all order's noonday rank
and turn god's radiant photograph to shade.

Steepling snake in that contrary light
invades the dilate lens of genesis
to print your flaming image in birthspot


with characters no cockcrow can deface.

O maker of proud planet's negative,
obscure the scalding sun till no clocks move.

S.Plath

gamelle002

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9 octobre 2006

Rituel

tarte003

"J'avais 6 ans et j'habitais rue Rosa-Bonheur chez mes grands-parents. Le rituel quotidien voulait que je me déshabille tous les soirs dans l'ascenseur de l'immeuble et arrive ainsi toute nue au sixième étage. Puis je traversais à toute allure le couloir et, sitôt dans l'appartement, je me mettais au lit. Vingt-ans plus tard, c'est sur la scène d'une d'une baraque foraine donnant sur le boulevard à Pigalle, que je me déshabillais chaque soir, coiffée d'une perruque blonde, au cas où mes grands-parents qui habitaient dans le quartier viendraient à passer."  S.Calle

22 septembre 2006

Rendez-vous

dernier_bouquet002

" La première fois que je m'étais envolé pour le Japon, c'était avec la ferme intention de m'y suicider. Je jugeais indécent de vivre au-delà de quarante ans et je tenais avec Nietzsche que le fait de se supprimer est l'acte le plus estimable de tous. Comme les récits de suicides ratés sont presque aussi ennuyeux que ceux des rêves, je m'abstiendrai de raconter ce rendez-vous manqué avec la mort." R.Jaccard

15 juillet 2006

Le 13 octobre 1978.

nappe002

" Je me suis donc couché aussi tard que possible. Tu connais le programme (conférence sur Nietzsche, après quoi j'ai eu envie de marcher en bordure de Central Park, je suis entré dans une de ces boîtes à disco, tu sais bien

je n'avais pas remarqué que c'était un vendredi 13. Voici le projet un peu dingue dont je te parlais dans le train qui me ramenait à Yale : c'est comme un voeu, l'idée sublime d'un jeûne, je ne te parlerai, dans mes lettres, de rien qui ne soit toi et lisible par toi seule, si c'est possible."  J.Derrida

13 juillet 2006

Un événement

sparaplaie002

" Avez-vous remarqué à quel point une bonne nouvelle vous éloigne de ce que l'on était avant ? Dans mon inquiétude présente, je me suis surpris à souhaiter de toutes mes forces un événement heureux qui anéantirait l'homme accablé que je suis. Je l'aurais attendu depuis des mois, cet événement, et aujourd'hui il serait arrivé. Quelle délivrance ! "  E. Bove

25 juin 2006

Enjeu

mer0021

" Que l'État sache ce qu'il en est du sexe des citoyens et de l'usage qu'ils en font, mais que chacun, aussi, soit capable de contrôler l'usage qu'il en fait. Entre l'État et l'individu, le sexe est devenu un enjeu, et un enjeu public; toute une trame de discours, de savoirs, d'analyses et d'injonctions l'ont investi. "  M.Foucault

29 août 2006

Suicide

ciel004

"Le manteau au collet de velours
l’avant de la manche
portant des boutons d’os
et le chapeau rigide et sombre
avec le corps et le visage
se portent au devant de l’eau noire.
C’était l’heure où tu dévêtais
les peaux les plus fines
dans les campagnes les plus belles
toi qui t’en vas vers ton suicide."
 
J.Follain

10 août 2006

Maison de Philippe Sollers

decheterie002

" Samedi 4 février 2006. La Rochelle. Visite de la cathédrale. Le musée des Beaux-Arts étant fermé le matin, promenade dans l'île de Ré, avec Pierre J. et M. Jean-Pierre Puigrenier. Abbaye des Châteliers, par grand froid. La Flotte. Saint-Martin-de-Ré, promenade autour du port, grand'place, temple, hôpital, église (tombe du père de Mme de Sévigné). Le Martray, près d'Ars-en-Ré (maison de Philippe Sollers).  Pointe des Baleines, promenade sur la plage, visite du phare. Retour à La Rochelle, visite du musée des Beaux-Arts (Eugène Fromentin). Librairie des Saisons. Dîner avec M. Puigrenier et Pierre J. au restaurant Richard Coutanceau. Retour à l'hôtel d'Angleterre à travers les parcs glacés." R.Camus

26 février 2006

Tête

ciel002

" Le fourgon s'arrête; on tire le corbillard d'osier brun: on pose dans une boîte de bois blanc un homme sans tête, qui a les mains nouées, pâles comme de la cire transparente, avec  l'intérieur tourné en dehors; on ajuste un tête, la figure levée vers la lumière, exangue, les yeux fermées, avec des meurtrissures noires, un caillot sombre au nez, un autre au menton. Cette tête est plantée contre un dos, sur lequel s'ouvrent des mains; et lorsqu'on cherche la pointe des pieds, on trouve les talons. Il y a là-dessus des flaques de sciure. " M.Schwob

15 avril 2006

L'être

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" Est-il possible de poser la question de l'existence des autres ? Cette existence est-elle un fait irréductible ou doit-elle être dérivée d'une contingence fondamentale ? Telles sont les questions préalables que nous pouvons poser à notre tour au métaphysicien qui questionne sur l'existence des autres. " J.P.Sartre

1 juillet 2006

Du sens poétique

store0021

"- On pourrait faire un calendrier littéraire.

- Faulkner au mois d'août, Wilder en mars, Musset en octobre...

- Flaubert en novembre, Belleau en avril, Apollinaire et Ronsard en mai, Aragon en juin,  Caldwell en juillet..

- Il faudrait un travail de recherche.

- Du sens poétique aussi.

- C'était donc, comme je suggérais , d'abord un jeu.

- Oui, mais travaillé, ce qui ne s'exclut pas, je veux dire : une passion, un ouvrage, j'ai eu du mal et du plaisir. " J. Stéfan

2 juillet 2006

Tige

portablee002

" La rousse, grattant une cuisse gracieuse à travers l'étoffe de sa robe, intervint pour expliquer au prince la position délicate de ce tiers dans une querelle musicale complexe. Soudain le prince consulta sa montre et se tourna vers le jeune acrobate blond qui buvait de l'orangeade dans un coin.

"Ondrick, dit-il d'un air soucieux, je crois que c'est l'heure." Ondrick, l'air sombre, se lécha les lèvres, reposa son verre, s'approcha. De ses doigts boudinés le prince déboutonna la braguette d'Ondrick, sortit la masse rose des parties, choisit la principale, commença de frotter régulièrement la tige luisante. " V.Nabokov

12 avril 2006

Femme sur mesure

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"Le sacrement du mariage ? Je n'en avais guère le caractère ni l'humeur (au fait, pourquoi n'étais-je pas encore marié à trente ans ? Papa, il est vrai, ne s'était marié qu'à trente-cinq, était-ce congénital ? Il me fallait d'ailleurs une femme sur mesure, aussi extravagante, aussi "idiote" que moi, aussi dissemblable et complémentaire que le jour et la nuit, mon double quoi ! - mais en négatif). J.Delteil

25 mars 2006

Remercier Dieu

pneu002

" J'ai eu, aujourd'hui, une journée exceptionnellement bénie. Rien que quelques légers accès d'angoisse, le matin. Mais après, tout le reste de la journée, je me suis senti indiciblement calme, fort, plein de courage, libre et détendu, de sang-froid. J'ai remercié Dieu du fond du coeur... (1er septembre 1797). Novalis

4 janvier 2006

Baiser Sollers ?

sollers002

" Il en est des baisers comme des confidences : ils s'attirent, ils s'accélèrent, ils s'échauffent les uns par les autres. En effet, le premier ne fut pas plutôt donné qu'un second le suivit; puis, un autre : ils se pressaient, ils entrecoupaient la conversation, ils la remplaçaient; à peine enfin laissaient-ils aux soupirs la liberté de s'échapper. Le silence survint, on l'entendit ( car on entend quelquefois le silence): il effreya. Nous nous levâmes sans mot dire, et recommençâmes à marcher. « Il faut rentrer, dit-elle, l'air du soir ne nous vaut rien.» " D. Vivant Denon

14 janvier 2006

Désir

cuiseur002

La cime haute a défié ton poids. Même si tu ne peux l'atteindre, que le dépit ne t'émeuve : Ne l'as-tu point pesée de ton regard ?

La route souple s'étale sous ta marche. Même si tu n'en comptes point les pas, les ponts, les tours, les étapes, -- tu la piétines de ton envie.

La fille pure attire ton amour. Même si tu ne l'as jamais vue nue, sans voix, sans défense, -- contemple-la de ton désir.

                                          o

Dresse donc ceci au Désir-Imaginant ; qui, malgré toutes, t'a livré la montagne, plus haut que toi, la route plus loin que toi,

Et couché, qu'elle veuille ou non la fille pure sous ta bouche. V.Segalen

9 janvier 2006

Tombeau

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" La fille déboutonne le haut de sa robe jusque sous les seins, tire, enjambe, piétine la robe souillée, froissée dans les multiples étreintes des gardes; la fille est nue, les reins appuyés à la balustrade des fourneaux, le garde déboucle son ceinturon, il le fait passer dans les anses du tranchant puis il le boucle autour de la taille de l'esclave; le tranchant étincelle entre ses cuisses, une touffe de toison sort par-dessus, le garde remue le couperet, il le soulève, il enfonce son poing contre le sexe de l'esclave, ressort son poing ruisselant et le frotte entre les seins puis au visage; Aravik étreint le ventre de la femme, la viande qu'elle écrase, coupe et déchire, met dans les yeux du garçon des lueurs rouges, des lambeaux jaillissent, s'accrochent aux lèvres du garçon; le garde balance le tranchant sur les cuisses de l'esclave:
- Je veux que tu travailles tout le jour, nue, les cuisses meurtries par ce couperet.
"
P.Guyotat

27 décembre 2005

Prunelle

balcon002

" Son obsession le matin : s'assurer qu'elle était bien là sa "pierre". La Pierre de Paraskévi ! Non c'est pas un joyau : c'est son calcul biliaire.  En sortant de l'hôpital on le lui avait mis dans un petit bocal, elle aimait bien le faire remuer comme un maracas en ricanant... Elle y tenait comme sa prunelle !" M-E Nabe

29 décembre 2005

Ni réel, ni acteur

argent002

" Dehors beaucoup de choses se sont transformées. Je ne sais pas comment. Mais en dedans, et devant moi, mon Dieu, en dedans, devant toi, spectateur, ne sommes-nous pas sans action ? Nous sentons bien que nous ne savons pas le rôle, nous cherchons un miroir, nous voudrions nous défarder, renoncer à toute feinte et être véritables. Mais quelque part est encore sur nous un morceau de travestissement, que nous oublions.Une trace d'exagération demeure dans nos sourcils, nous ne remarquons pas que les commissures de nos lèvres sont repliées. Et nous allons et venons ainsi, ni réels, ni acteurs. " R.M. Rilke

19 décembre 2005

Existence

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" Je suis là comme un meuble oublié, superflu. Parfois je peux entendre le temps gronder en moi comme dans un tuyau de chauffage. Parfois je suis au cinéma et le film passe pour moi. Je trouve que mon existence n'est ni dure ni aride. Je ne ressens rien du tout. Pourtant, il y a pas longtemps, j'ai été saisi d'effroi quand un orage a éclaté..." P.Nizon

18 décembre 2005

En plein air

zen002

" L'école ferait bien d'observer un silence respectueux sur la notion de génie en lui jetant de côté un regard entendu. Elle ferait bien de le garder comme un secret dans une chambre close. Un secret qui, quittant son état de latence, risquerait fort de poser des questions contraires à la logique et au bon sens. " P.Klee

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