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2 février 2006

Plus jamais ?

lunettes002

" Papa était dedans et maman qui pleurait dans la salle et l'oncle Barney qui disait aux hommes comment il fallait faire au tournant. C'était un grand cercueil, épais et qui avait l'air lourd. Comment ça se faisait? Le dernier soir que papa avait bu il était là debout sur le palier à brailler pour avoir encore un coup et il paraissait gros et court en chemise. Ne le verrai plus jamais. C'est la mort, ça. Papa est mort. Mon père est mort. Il m'a dit d'être un bon fils pour maman..." J. Joyce

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27 septembre 2013

Ta vie

" Or, ta vie n'est que négligence, défaillance, omission, ajournement, désistement, paresse; elle est nue de sacrifices, d'efforts, d'actions et d'oeuvres; elle est stérile ou à peu près. Donner, répandre, prêcher, solliciter, secourir, relever, exalter, voilà ce qu'il fallait faire. Au lieu de cela, tu t'es dispersé, dorloté, engourdi, endormi, endurci." H-F.Amiel

 

pijama002

 

 

15 octobre 2012

Pas juste

" Je me suis assise sur un banc et j'ai senti comme de grands flots de santé me traverser le corps. Penser que cet homme (le jardinier) sent aussi ces choses, qu'il y répond de cette façon, tout en riant et en vous cueillant un bouton de rose pendant qu'il vous parle ! J'ai songé alors aux pauvres employés d'autobus et de métro et à la laideur de ce Londres humide et sombre. Ce n'est pas juste." K.Mansfield

montre002


 

20 octobre 2013

Percé d'amour

" ... mais une courte mèche s'en échappait... Je cherchai vainement tes seins; tu n'en as pas : tu dédaignes ces ornements mondains : ton coeur et tes seins !... Quand tu te retournas pour frapper de ton pied large ton chat doré, je vis tes omoplates saillant et soulevant ta robe, et je fus percé d'amour, devant le tortillement gracieux des deux arcs prononcés de tes reins !..." A.Rimbaud

 

plaie002

 

 

 

 

 

2 mars 2011

Ils rêvent tous

" This room cost $2,000 a month
You can believe it, man, it's true
Somewhere there's a landlord's laughing till he wets his pants
No one dreams of being a doctor or a lawyer or anything
They dream of dealing on the dirty boulevard

Give me your hungry, your tired, your poor I'll piss on 'em
That's what the Statue of Bigotry says
Your poor huddled masses
Let's club 'em to death
And get it over with and just dump 'em on the boulevard "  L.Reed

fenetre002

 

 

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25 avril 2010

Hauteur

" Dans l'escalier, tout à l'heure, et dans l'allée de la terrasse, j'ai légèrement fléchi les genoux, cherchant à me placer à une certaine hauteur, celle où se trouvait, lorsqu'il descendait cet escalier, lorsqu'il allait vers la terrasse, François Mauriac...
... François Mauriac, qui était un peu moins grand que moi..."
C.Mauriac

dimanche037

23 mai 2010

Amoureux

" Il me semble en vérité avant cela que j'ai été amoureux de ma nourrice et que ma gouvernante a été amoureuse de moi. Mlle Ducoron, c'était son nom, me faisait coucher toujours avec elle, me promenait sur toute sa grosse personne, jouait avec moi de bien des façons et me faisait danser tout nu." Ch-J de Ligne

dimanche039

11 octobre 2009

Débauche

" Dans un bourg perdu au milieu des bois ou des vignes, la lubricité trouve son compte mieux qu'à Paris.
Nous n'entendons plus l'immense appel à la débauche sur les trottoirs d'une grande ville : dans une certaine mesure, l'abondance même du poison nous "mithridatise". Tant de femmes à Paris qu'on ne les voit plus, tant d'appels qu'on ne les entend plus."
F.Mauriac

pied002

22 novembre 2009

Sans elle

" Anniversaire, aujourd'hui, de mon mariage. Jour que je tenais à coeur de passer auprès d'elle, réaccourant parfois de très loin. J'en venais, durant ces derniers jours d'angoisse, à ne plus m'attrister qu'elle ne fût plus là; elle n'aurait pu supporter tout cela...
Je me fais peu à peu à l'idée de devoir vivre sans elle; mais, sans elle, je ne m'intéresse plus à ma vie."  A.Gide

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7 janvier 2010

Seul ?

" Je regarde autour de moi. Mon appartement est vaste, lumineux. Il règne un certain désordre apparent, mais il s'agit bien entendu d'un ordre supérieur. Beaucoup de livres, de bouteilles vides. Des objets d'art témoignent d'amitiés déjà anciennes. Des photos. Des morceaux de biscotte. Des insectes qu'on devine plutôt qu'on ne les voit. Un rouleau de papier hygiènique entamé. Est-ce que je vis seul ? " R.Topor

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28 juin 2009

N'existe point

" J'aime mieux les fuir que les haïr. Leur aspect frappe mes sens et par eux mon coeur d'impressions que mille regards cruels me rendent pénibles; mais le malaise cesse aussitôt que l'objet qui cause a disparu. Je m'occupe d'eux, et bien malgré moi par leur présence, mais jamais par leur souvenir. Quand je ne les vois plus, ils sont pour moi comme s'ils n'existaient point. " J.J Rousseau

ciel007

27 janvier 2010

Démence

" Et voilà que cette pensée me tourmente. Elle me ronge le coeur, et il me semble tout le temps que tu aimais en moi non l'homme que je suis, mais celui que tu croyais y trouver; que tu t'es trompée sur moi. Voilà ce qui m'est insupportable, voilà ce qui me tourmente maintenant jusqu'à la démence..." F.Dostoïevski

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29 août 2009

Invisible

" Et de ceux que j'aime et qui m'aiment, et de ceux qui m'écrivent et qui pensent à moi, aucun ne peut savoir exactement où je suis, aucun ne peut imaginer ce qui m'entoure ni quelle est ma vie. Dans les foules où je me suis mis parfois, sur la plage et les jetées, personne ne fait attention à moi. Et souvent, je me sens si inconnu et détaché que j'ai dû devenir invisible. « Désincarné, triomphant, mort !» La mort est-elle donc chose si douce que tout ce qui lui ressemble nous est si précieux ? " V.Larbaud

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2 mars 2006

En finir

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" Deux des Indiens, un devant et l'autre derrière, marchaient lentement, droits, chaussés de sandales de cuir tressé. Mais elle, avec ses bottes de cheval, n'osait pas se tenir debout.

Cependant elle se demandait tout le temps pourquoi elle persistait à se cramponner sur ce rocher de plusieurs milles de long. Pourquoi ne se précipitait-elle pas en bas pour en finir ! Le monde s'étalait à ses pieds. " D.H.Lawrence

18 mars 2006

Amies

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Ô Facteur, il faut que tu vêtes
Ta tunique verte d’elbeuf
Pour ouïr un nid de fauvettes
Chantant Boulevard Lannes neuf.

Rue, au 8, de la Barouillère,
Sur son piano s’applique à
Jouer, fée autant qu’écolière,
Mademoiselle Wrotnowska.

Que la très subtile Élisa
Nymphe des tuyaux et des vannes
Cessant d’arroser me lise à
L’ombre du 9 Boulevard Lannes.

S.Mallarmé

19 janvier 2010

Vivante

"Je n'ai aucun langage en ma possession en lequel je pourrais écrire ; mais quoi qu'il en soit, il FAUT que j'écrive, aussi souvent que possible, tous les jours si je peux ; c'est un exercice à la fois vital et horrible parce qu'aucun de ses produits ne pourra jamais être montré à personne tant que je vivrai." A.C.Roubaud

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23 février 2006

Habitus

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"  Certains défauts se signalent par des actes isolés et déterminés, par exemple la gourmandise, la luxure, la colère. Mais l'orgueil est une espèce d'état continu et permanent, un habitus, se manifestant soit par la peine de ce qui lui est contraire, soit par la joie de ce qui lui est favorable. Il tient à l'instinct de la conservation. Antireligieux et antisocial. " P.Claudel

21 avril 2006

Agent fiable

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" Les hommes (de l'Occident, au moins) n'aiment pas aimer, mais vaincre. Il règne entre eux le mépris et l'ironie pour les choses du corps sensuel, pour les odeurs, les touchers, les sécrétions, les laisser-faire, les musiques; ils appellent "artistes" ceux d'entre eux qui y consentent. Mais les artistes sont des femmes. Les hommes se sentent défaits quand ils aiment. Ils préfèrent les prostituées dont l'impassibilité les protège. La jouissance d'une femme reste entre leurs mains une énigme, parce qu'ils n'ont pas trouvé les moyens techniques de la produire de façon prévisionnelle et garantie. Ils ont une préférence pour le clitoris qu'ils voient comme agent fiable et homologable qui travaille pour eux dans la place adverse. La pénétration vaginale est "ensuite" l'occupation de cette place et en même temps le cursus suivi par la vaincue jusqu'au degré supérieur de la jouissance, que l'homme entend tirer d'elle."  J.F.Lyotard

6 juin 2006

Tatiana

" Elle est partie. Eugène reste immobile, comme frappé de la foudre. Quelle tempête de sensations a submergé son coeur? Mais un cliquetis d'éperons soudain se fit entendre et le mari de Tatiana parut. Et ici mon héros, dans cette minute si cruelle pour lui, lecteur, nous l'abandonnerons pour longtemps... pour toujours. Après lui, dans son sillage, nous avons assez vagabondé à travers le monde. Félicitons-nous les uns les autres d'être arrivés au port. Hourra ! Il était temps, n'est-ce pas, et même grand temps ! " E.Onéguine



peignoir003


 

13 avril 2006

Vite l'iodex, dis-je

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"Quelques copeaux filandreux nageaient dans le liquide jaunâtre. Comment veux-tu chier, dis-je, quand tu n'as rien dans le ventre. Il me fit remarquer qu'il avait déjeuné. Tu n'as touché à rien, dis-je. Il se taisait. J'avais touché juste. Tu oublies que nous partons dans une heure ou deux, dis-je. Je ne pourrai pas, dit-il. De sorte, poursuivis-je, qu'il faut que tu manges. Une vive douleur me traversa le genou..." S.Beckett

31 mai 2006

14 février 1986

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" Je bois une petite tasse de café dans ma cuisine pour me remonter le moral, car je viens de mettre à la porte, en le repoussant avec la dernière énergie, un vieux Con qui voulait absolument me payer 100 F (suisses) pour rester une heure avec moi ! une heure entière, vous vous rendez compte ! Plutôt crever. Et il avait déjà prévu de faire des "soixante-neuf", enfin de me lécher, me tripoter partout - et avec ça que la plupart du temps il n'y arrive pas, il est obligé de se branler tout seul pour arriver au final..." G. Réal

28 octobre 2005

Oh ! ce premier soir !

 

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"
...et me disposai même à pirouetter sur un pied, comme si je voulais dire :
« Tout est fini, me voilà de bonne humeur, soyons tous de bonne humeur... » J'abandonnai cependant l'idée de pirouetter, car je me sentis une certaine raideur peu naturelle dand les genoux qui aurait pu me faire choir sur le plancher..." I. Tourgueniev



7 décembre 2005

L'écriture

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*

" Je n'ai à noter qu'un épisode érotique. Julie, sous la douche ce matin. Avant qu'elle ne se rhabille, je lui donne un baiser sur chaque fesse, un troisième sur la touffe du pubis. À ce moment, la petite paumée m'a baisé les mains.

L'esprit essaie de prendre appui là-dessus, cela permet au moins l'écriture..." H.Thomas

3 mai 2006

Oiseaux

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" Lekh m'apprit encore que tout homme devrait savoir observer les oiseaux et interpréter leur comportement. Ainsi, lorsqu'on aperçoit, par un crépuscule flamboyant, un grand déploiement d'espèces variées, cela signifie à coup sûr que des esprits malins, chevauchant ces montures ailées, donnent la chasse aux âmes damnées..." J.Kosinski

5 juin 2006

Mon rouge à lèvres bave un peu

" Son mari l'avait suivie. Il avait dû l'observer, tapi dans la pénombre du couloir. A présent, il se dirigeait vers les toilettes, il en ouvrait la porte et la refermait sur lui. Il pissait fort, au fond de la cuvette, pour qu'elle entende le jet se briser sur l'eau et croie qu'il avait quitté le salon pour soulager sa vessie, et non pour la surprendre en train d'être seule, de se réfléchir, de se méditer, de s'ausculter, à l'écart des mots et des mimiques qu'ils s'échangeaient au salon."  R.Jauffret



toilette002


 

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