Instants
Ô vide
L'aiguillon de la concupiscence
2 mai 1873
" Mon cher amant, pourquoi donc te rendre malade en te branlant constamment la pine lorsque tu pourrais employer beaucoup mieux cette douce liqueur qu'il est à mon avis complètement inutile de perdre... Ce que tu me fais de plaisir en me disant que je te procure d'énormes jouissances; aussi mon gros bouton du bas est-il d'une polissonnerie insuportable..." M de Swazzema à G.Courbet
Portrait
Ah !
" Voilà donc une civilisation qui brûle, chavire et s'enfonce tout entière. Ah ! le beau torpillage ! Et moi, que suis-je devenu au milieu de ce désastreux naufrage, que je trouve nécessaire; auquel on peut même dire que j'ai travaillé, puisqu'il est assurément vrai que je me suis abstenu de travailler à quoi que ce soit d'autre ? " G.E.Debord
Seul au monde
" Peut-être par suite d'une grande fatigue ou pour quelque autre raison, je pensai à une jolie fille et au fait que j'étais bien seul au monde, et que ce n'était sûrement pas bien." R.Walser

Vivre (encore)
" Il serait nuisible à la liberté et à nos relations aux autres de toujours nous protéger nous-mêmes. Certes, nous n'avons pas à désirer être malades, il s'agit de relativiser le désir d'être et de demeurer en bonne santé. Combien d'hommes s'empêchent de vivre par peur d'être malades ou par peur de mourir ? " I. de Loyola
Chambre infini
" Quand tu es près de moi,
Cette chambre n'a plus de parois,
Mais des arbres oui, des arbres infinis,
Et quand tu es tellement près de moi,
C'est comme si ce plafond-là,
Il n'existait plus, je vois le ciel penché sur nous... qui restons ainsi,
Abandonnés tout comme si,
Il n'y avait plus rien, non plus rien d'autre au monde,
J'entends l'harmonica... mais on dirait un orgue,
Qui chante pour toi et pour moi,
Là-haut dans le ciel infini,
Et pour toi, et pour moi " C.Bruni
Carnet
Chez lui
" On ne s'étonne pas, en passant, que Jésus soit dit natif de Beth-lehem, la maison-du-pain. Il rompt le pain, il multiplie les pains, il partage le pain, il est un pain trempé. Le morceau de pain tendu à Judas, c'est Pathlehem : l'un des complices, au moins, se sent ici chez lui." B.Dubourg

La France
Père
Il pleura pendant longtemps
" Son cheval était perdu, ses chiens l'avaient abandonné : la solitude qui l'enveloppait lui sembla toute menaçante de périls indéfinis. Alors, poussé par un effroi, il prit sa course à travers la campagne, choisit au hasard un sentier, et se trouva presque immédiatement à la porte du château. " G.Flaubert
Monture
" Dès le début de septembre, Cochran se mit sérieusement au travail dans le jardin. Il nettoya le fumier des granges et chevaucha le large dos du percheron aux quatre coins de la vallée, estimant cette monture bien supérieure aux chevaux à demi sauvages qui avaient la préférence de Mauro." J.Harrison

















