Cer-veaux
RDV
" L'homme d'âge moyen tourna ses fesses rondes vers nous, monta sur le lit, et s'agenouilla entre les cuisses de la femme. Elle tourna la tête vers la droite et serra fort les poings. Je trouvais une certaine familiarité à ce geste, mais je n'en étais pas très sûr. L'homme rectifiait maladroitement la position de ses hanches et remuait la tête mais, en gardant cette posture, il se mit à se masturber. Son pénis semblait s'être ramolli. Un rire moqueur parcourut l'assistance et la femme leva la tête pour observer l'entre-jambe de l'homme." K.Abé
Fuglekongerige
Fausse parole
La vie d'un faune
" Deux rails s'étaient détachés et volaient dans l'air, croisés en pinces de homard; leur tenaille décrivit un cercle vrombissant affectueusement au-dessus de nos têtes (et nous courions, courbés sous la lente menace de ce fouet d'acier). D'en bas, des chocs insistants venaient nous ébranler les os. La bouche d'une conduite souterraine surgit et éructa, désinvolte, des flots d'acide. " A.Schmidt
Last Night I Drove a Car
Gravitations
Gros animal
Désir
La cime haute a défié ton poids. Même si tu ne peux l'atteindre, que le dépit ne t'émeuve : Ne l'as-tu point pesée de ton regard ?
La route souple s'étale sous ta marche. Même si tu n'en comptes point les pas, les ponts, les tours, les étapes, -- tu la piétines de ton envie.
La fille pure attire ton amour. Même si tu ne l'as jamais vue nue, sans voix, sans défense, -- contemple-la de ton désir.
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Dresse donc ceci au Désir-Imaginant ; qui, malgré toutes, t'a livré la montagne, plus haut que toi, la route plus loin que toi,
Et couché, qu'elle veuille ou non la fille pure sous ta bouche. V.Segalen
C'est de la Syive (weyergans) sauvage de chez Sexton (sollers)
" Misi, misi ! Dis-moi jusqu'au frisson ! Je ne romprai pas le sceau. Et j'aime ça, je te jure que j'aime ça. Pourquoi est-ce que tu préfères ça dans tout ce noir tissu s'il m'est permis de demander, mon doux agneau ? Sh sh ! Les mares ont des oreilles. Non, douce Isis, pourquoi cela m'ennuierait-il ? Mais ne le demande pas ! Sans ça je te flanquerai une bonne gifle. Ce serait dommage pour tes jolies lèvres, alors fais attention ! Et toi fais surtout attention à ma robe de satin duveté ! ..." J.Joyce
Seins
Le bleu est rouge
Obscurcissement
" J'attendais là, la nuit était glacée, je savais qu'il me fallait attendre, j'étais seul, la place était déserte, derrière les grandes vitres de la brasserie Schein tout était noir comme il y a trente ans, du côté de la place où je me tenais, du côté de la cave et du soupirail, impossible de distinguer aucun détail à l'intérieur du hall, la décoration avait-elle changé, du regard je cherchais à tâtons le mur des cuisines, je pouvais voir qu'on ne voyais rien, et je me détournai..." A . Fleischer
Tombeau
" La fille déboutonne le haut de sa robe jusque sous les seins, tire, enjambe, piétine la robe souillée, froissée dans les multiples étreintes des gardes; la fille est nue, les reins appuyés à la balustrade des fourneaux, le garde déboucle son ceinturon, il le fait passer dans les anses du tranchant puis il le boucle autour de la taille de l'esclave; le tranchant étincelle entre ses cuisses, une touffe de toison sort par-dessus, le garde remue le couperet, il le soulève, il enfonce son poing contre le sexe de l'esclave, ressort son poing ruisselant et le frotte entre les seins puis au visage; Aravik étreint le ventre de la femme, la viande qu'elle écrase, coupe et déchire, met dans les yeux du garçon des lueurs rouges, des lambeaux jaillissent, s'accrochent aux lèvres du garçon; le garde balance le tranchant sur les cuisses de l'esclave:
- Je veux que tu travailles tout le jour, nue, les cuisses meurtries par ce couperet." P.Guyotat
Francis n'est pas un artiste maudit, mais béni
" Baudelot, sous ses airs de rustre, témoignait d'une grande finesse de jugement, et son anticonformisme radical en faisait un redoutable détecteur de conneries. Il réagissait avec un instinct très sûr, à la seconde même, aux faux-semblants de l'actualité culturelle, à l'hypocrisie des discours lénifiants sur la "pacification " de l'Algérie, aux bourrages de crâne en tout genre, à la langue de bois des bergers du troupeau comme au verbe câlin des pêcheurs d'âmes. " R.Topor




















