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20 juillet 2011

« Il le faut »

" Tout véritable écrivain - que l'on songe à Flaubert, à Kafka, à Proust et à tant d'autres - connaît cette exigence d'écrire, ce « il le faut », mais cette exigence d'écrire était-elle celle d'écrire Madame Bovary, ou Du côté de Guermantes ? Je ne le crois pas, et c'est du reste pourquoi les correspondances de Flaubert ou de Kafka, qui se réfèrent bien plus directement que leurs romans au « il le faut », m'ont précisément toujours paru plus importantes, plus riches d'avenir que leurs romans." R.Laporte

 

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17 juillet 2011

Un certain délai

" Mais aucun travail n'est inutile, tout travail, même ébauché, même raté, doit tôt ou tard porter ses fruits... Il suffit de laisser passer un certain délai, de choisir un moment propice et de revenir à la charge. " N.Sarraute

 

dimanche102

 

 

 

10 juillet 2011

Mais ce jeu ...

 

" Dans tout bluff, il y a, si petite qu’elle soit, une part d’incertitude sur ce que va faire celui qu’on trompe. Si cette comédie de séparation allait aboutir à une séparation ! On ne peut en envisager la possibilité́, même invraisemblable, sans un serrement de cœur. On est doublement anxieux, car la séparation se produirait alors au moment où elle serait insupportable, où on vient d’avoir de la souffrance par la femme qui vous quitterait avant de vous avoir guéri, au moins apaisé. Enfin, nous n’avons plus le point d’appui de l’habitude, sur laquelle nous nous reposons, même dans le chagrin. Nous venons volontairement de nous en priver, nous avons donné à la journée présente une importance exceptionnelle, nous l’avons détachée des journées contigües ; elle flotte sans racines comme un jour de départ ; notre imagination, cessant d’être paralysée par l’habitude, s’est éveillée ; nous avons soudain adjoint à notre amour quotidien des rêveries sentimentales qui le grandissent énormément, nous rendent indispensable une présence sur laquelle, justement, nous ne sommes plus absolument certains de pouvoir compter. Sans doute, c’est justement afin d’assurer pour l’avenir cette présence, que nous nous sommes livrés au jeu de pouvoir nous en passer. Mais ce jeu, nous y avons été́ pris nous-même, nous avons recommencé à souffrir parce que nous avons fait quelque chose de nouveau, d’inaccoutumé, et qui se trouve ressembler ainsi à ces cures qui doivent guérir plus tard le mal dont on souffre, mais dont les premiers effets sont de l’aggraver. " M.Proust



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5 juillet 2011

Le matin

"Depuis des années - toujours - assurément depuis les premières atteintes du mal qui le dévore, il redoute le matin. Du moins, midi l'accable-t-il, le jette-t-il sur son lit, persiennes closes, même au coeur de décembre, car sa défaillance semble obéir au rythme mystérieux de l'heure, non de la saison. Au lieu que l'angoisse matinale prolonge curieusement l'insomnie, il en est comme l'intolérable épanouissement. " G.Bernanos

 

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4 juillet 2011

« Je suis amoureux »

" Certains disent que les progrès du langage ont entraîné une dépendance de la pensée, et donc une contrainte des idées... ce qui voudrait dire par exemple que mon amour est limité par la phrase « Je suis amoureux», et qu'il serait plus libre, plus grand, sans les mots pour le dire. C'est intenable. Le langage ne peut pas être une contrainte de la pensée, c'est au contraire le langage qui s'oppose aux idées reçues, aux conventions, à la rigidité de nos cinq sens, il bouscule jusqu'à ses propres règles, il est plus que le code de l'abstraction, il en est la substance. " Ch.Donner

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3 juillet 2011

Syncope

" Avec L. sur le quai. J'ai eu une syncope sans gravité qui a étouffé toute mon existence, je m'en suis remis et m'en suis souvenu au bout d'un court instant comme d'une chose depuis longtemps oubliée." F.Kafka

 

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1 juillet 2011

Peine

" « Je vais me tuer ! » qu' il me prévenait quand sa peine lui semblait trop grande. Et puis il parvenait tout de même à la porter sa peine un peu plus loin comme un poids bien trop lourd pour lui, infiniment inutile, peine sur une route où il ne trouvait personne à qui en parler, tellement qu'elle était énorme et multiple. Il n'aurait pas su l'expliquer, c'était une peine qui dépassait son instruction. " L-F Céline

 

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27 juin 2011

C'est trop facile

" - Pas de femme, non, je n'ai pas de femme. Pourquoi, je n'en sais rien. J'ai fait une promesse à une fille, chez moi.
- Eh bien, moi, je prétends que le gamin, il a raison s'il a promis à sa pépée... Nom de Dieu, moi je vois pas l'inrérêt de cavaler après les femmes dans les ports. C'est trop facile. "
M.Lowry

 

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26 juin 2011

L'examen

"  L'amour délivre de l'ennui, mais celui-ci revient pour faire subir à son rival le pire examen." F.Bott

 

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22 juin 2011

Dépense

" J'ai fait diligence pour savoir ce que le Roi peut dépenser par an tant pour sa personne que pour sa maison, et j'ai su qu'il peut en dépenser autant qu'il en demande. " N.Machiavel

 

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12 juin 2011

Coeur & langue

"  Le coeur et la langue sont pourtant faits des mêmes fibres."  A. Suarès

 

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11 juin 2011

Grand génie

                                                                                   11 juin 1933                                             11 juin 2010

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9 juin 2011

Une femme

" Voyez à quoi sont réduites nos femmes, dis-je, tandis que les larmes coulaient sur mes joues, voilà à quoi est réduite une femme, une pauvre femme italienne : une touffe de poils blonds pour soldats nègres. Voyez, toute l'Italie n'est qu'une touffe de poils blonds. C.Malaparte

 


12h23

 

 

 

7 juin 2011

Signe

" Donc, Giraudoux est mort.
Je me demandais, en écoutant le jeune officier français, pourquoi aucun signe ne me l'avait annoncé, à Buchenwald. Il était improbable que la mort de Jean Giraudoux n'eût pas provoqué quelque événement naturel en guise de signe annonciateur. Mais sans doute y en avait-il eu un que je n'avais pas su interpréter, voilà tout. Sans doute, un jour de cet hiver-là, la fumée du crématoire avait-elle soudain été plus légère, plus vaporeuse : flocons à peine gris sur l'Ettersberg pour m'annoncer la mort de Giraudoux." J.Semprun

 

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3 juin 2011

Dans l'instant d'un instant

" Peines de la vie en commun. Extorquées à l'incompréhension, à la pitié, à la volupté, à la lâcheté, à la vanité, et seul un mince ruisselet digne d'être appelé amour coule dans les profondeurs du sol peut-être, inaccessible à toute recherche, jaillissant un jour dans l'instant d'un instant." F.Kafka

 

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2 juin 2011

Prêtez-moi la partie de votre corps

" Osons arracher le voile ; le besoin de foutre n'est pas d'une moins haute importance que celui de boire et de manger, et l'on doit se permettre l'usage de l'un et de l'autre avec aussi peu de contrainte. L'origine de la pudeur ne fut, soyons-en bien sûrs, qu'un raffinement luxurieux : on était bien aise de désirer plus longtemps pour s'exciter davantage, et des sots prirent ensuite pour une vertu ce qui n'était qu'une recherche du libertinage. Il est aussi ridicule de dire que la chasteté est une vertu, qu'il le serait de prétendre que c'en est une de se priver de nourriture. Qu'on le remarque bien : c'est presque toujours la sotte importance que nous mettons à certaine chose qui finit par l'ériger en vertu ou en vice ; renonçons à nos imbéciles préjugés sur cela ; qu'il soit aussi simple de dire à une fille, à un garçon, ou à une femme, qu'on a envie de s'en amuser, qu'il l'est, dans une maison étrangère, de demander les moyens d'apaiser sa faim ou sa soif, et vous verrez que le préjugé tombera, que la chasteté cessera d'être une vertu, et l'adultère un crime. Eh ! quel mal fais-je, je vous prie, quelle offense commets-je, en disant à une belle créature, quand je la rencontre : Prêtez-moi la partie de votre corps qui peut me satisfaire un instant, et jouissez, si cela vous plaît, de celle du mien qui peut vous être agréable ? " Sade

 

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29 mai 2011

Auprès d'elle

" J'écris ces notes le dimanche matin. J'aimerais écrire tous les jours, mais je ne dispose pas de ma soirée. J'achète des livres et je les range dans ma bibliothèque. C'est Éva qui a le temps de lire. Les moments que nous passons ensemble sont courts et je les réserve à Éva quand je ne fais pas les devoirs des enfants. Il faut qu'elle soit endormie à neuf heures et demie, exactement. Si elle se couche un peu plus tard, elle est prise d'un singulier énervement et ne dort plus de la nuit. Lorsque je ne suis pas dans la chambre, elle ne peut pas s'assoupir. Elle n'a pu supporter longtemps que je partage son lit, mais il faut que je sois auprès d'elle. " J.Chardonne

 

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22 mai 2011

Grand amour

" Cela demande beaucoup de temps de rester fidèle à un grand amour. Du temps, de la patience et de la concentration pour mieux rejoindre l'autre par l'intérieur de la réflexion sans jamais faire la moindre concession. " D.Rolin

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21 mai 2011

Faire le point

" Quelques pierres grises, et des touffes de cheveux arrachés qui pendent aux aspérités.
Un corps rompu que je ramasse d'un revers de main. Je voudrais au moins savoir où j'en suis. De sang-froid, faire le point. Mais non : je viens de subir une amputation monstrueuse, sans doute, et ce que j'ai perdu s'enfuit sans consistance." R.Daumal


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14 mai 2011

Quel calme !

" Cet été il était allé pour la première fois chez une fille. Il fut désappointé comme tant d'autres ! -- Comment, c'était tout cela ! Le cocasse était que cela s'était passé en face de l'église de Bethléem. Et pourquoi cela n'était-il pas arrivé plus tôt ?  cela lui aurait épargné le tourment de tant d'années, lui aurait conservé tant de force ! Cependant après, quel calme ! Il se sentait bien portant, satisfait comme s'il avait accompli un devoir. "  A.Strindberg

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