dimanche 20 décembre 2009
Voeux
" Je veux être ivre et m'y pendre." A.Pieyre de Mandiargues

samedi 19 décembre 2009
Belle comment ?
" Et quand des semaines plus tard, dans le Jura, je viens sonner à la porte indiquée, c'est toute nue qu'elle vient à ma rencontre. Elle attendait sa mère, elle sortait de son bain, elle est malade, brûlante de fièvre, ça se voit, mais je vois aussi comme elle est follement belle. Belle comment ? Trouver des mots pour le dire - c'est cela la Jurassienne." P.Nizon
jeudi 17 décembre 2009
4 mots
" J'ai quatre mots pour définir ma façon de vivre, « mémoire » pour savoir d'où je viens, « résistance » pour vivre aujourd'hui, « vision » pour la perspective, et « humour » pour être au monde. J'essaie d'être sans code-barres. " L.Suel
mercredi 16 décembre 2009
Ennui
" Il y a des tentatives de suicide affectif. Il y a aussi des tentatives de suicide professionnel. Flaubert, l'auteur de Madame Bovary, a écrit qu'une chose devient intéressante pourvu qu'on l'observe longuement. Flaubert, comme on le sait, a connu de longues périodes d'ennui. Vu d'une certaine hauteur, un périphérique devient une chose intéressante." P.Mérot
mardi 15 décembre 2009
Dans 20 ans
" J'étais ahuri. En même temps une question me brûlait les lèvres : j'aurais voulu demander à Steinr de me dessiner selon la même méthode et de me représenter dans vingt ans. Ma gêne devait être perceptible car il eut une lueur de gaieté dans le regard." P.Bruckner

lundi 14 décembre 2009
Amoureux ?
" Attiré par la foudre : il ne manquait plus que ça. Bientôt amoureux des chats ? " H.Guibert
jeudi 3 décembre 2009
Mort fine
" La morphine me démolit inutilement. J'en ai pris trois fois depuis octobre, je n'y suis plus habituée : je vacille le lendemain... " C.Pozzi
mercredi 2 décembre 2009
Boueux
" J'étais boueux. Oui, cela me plaisait, humblement, j'étais un bon boueux, sans plus. C'est alors qu'Aurélie fit ma connaissance et me trouva un éditeur. " R.Dubillard
lundi 30 novembre 2009
Jamais
" N'épousez jamais une femme aux cheveux couleur de paille. Elles sont tellement sentimentales " O.Wilde

samedi 28 novembre 2009
Révolution
" Que tout le monde, femmes comprises, sache lire et dessiner librement : voilà la révolution." Ph.Sollers
jeudi 26 novembre 2009
Yeux verts, 1m75, 40 ans environ
" On ne sait rien de lui. Simplement je peux vous dire que l'été dernier on le voyait au « Café Armandie » chaque fin d'après-midi venir s'asseoir à une table de la terrasse où il se reposait. Souvent il portait sa main droite à la hauteur de sa vésicule. Un tic. Peut-être autre chose." F.Venaille
mardi 24 novembre 2009
Missive
"Mervyn est dans sa chambre; il a reçu une missive. Qui donc lui écrit une lettre ? Son trouble l'a empêché de remercier l'agent postal. L'enveloppe a les bordures noires, et les mots sont tracés d'une écriture hâtive. Ira-t-il porter cette lettre à son père ? Et si le signataire le lui défend expressément ? Plein d'angoisse, il ouvre sa fenêtre pour respirer les senteurs de l'atmosphère; les rayons du soleil reflètent leurs prismatiques irradiations sur les glaces de Venise et les rideaux de damas. Il jette la
missive de côté, parmi les livres à tranche dorée et les albums à couverture de nacre, parsemés sur le cuir repoussé qui recouvre la surface de son pupitre d'écolier." I.Ducasse
dimanche 22 novembre 2009
Sans elle
" Anniversaire, aujourd'hui, de mon mariage. Jour que je tenais à coeur de passer auprès d'elle, réaccourant parfois de très loin. J'en venais, durant ces derniers jours d'angoisse, à ne plus m'attrister qu'elle ne fût plus là; elle n'aurait pu supporter tout cela...
Je me fais peu à peu à l'idée de devoir vivre sans elle; mais, sans elle, je ne m'intéresse plus à ma vie." A.Gide
vendredi 20 novembre 2009
jeudi 22 octobre 2009
Présent
"Je ne sépare pas le passé de l'avenir, le vertige de l'avant et celui de l'après." P.Chaunu

jeudi 15 octobre 2009
Tout
" Et me bouchant le nez, j'ai traversé à contrecoeur tout l'hier et tout l'aujourd'hui : en vérité, il sent mauvais l'hier et l'aujourd'hui selon la racaille qui écrit !" F.Nietzsche
lundi 12 octobre 2009
Cédalon
" À un retour de Paris, où j'ai vu Cioran et su qu'on lui avait recommandé de prendre du cédalon, 10 gouttes tous les soirs, ce qu'il ne fait pas et ce que Simone, sa femme, ne veut pas qu'il fasse, estimant que Cioran n'est pas devenu dépressif mais est simplement resté ce qu'il est (je pense moi qu'elle se trompe mais ne le dis pas), je décide de commencer pour ma part un traitement à faible dose de cet antidépresseur : 10 gouttes puis, quelques semaines plus tard, 15 gouttes une ou deux heures avant de me coucher." C.Rosset
dimanche 11 octobre 2009
Débauche
" Dans un bourg perdu au milieu des bois ou des vignes, la lubricité trouve son compte mieux qu'à Paris.
Nous n'entendons plus l'immense appel à la débauche sur les trottoirs d'une grande ville : dans une certaine mesure, l'abondance même du poison nous "mithridatise". Tant de femmes à Paris qu'on ne les voit plus, tant d'appels qu'on ne les entend plus." F.Mauriac

vendredi 9 octobre 2009
Jonas
"Voilà l'épreuve que je redoutais. J'ai toujours eu de la peine à dire - à avouer - ce prénom biblique si peu en usage aujourd'hui. Prononcer ces deux Syllabes si sonores, si chargées de significations multiples, me cloue d'angoisse et de honte. Je me les répétai mentalement : JO-NAS. JO-NAS. Je demeurai silencieux et transpirant quelques secondes encore, elle attendait, je le devinais au froncement de ses sourcils - je devais avoir l'air d'un malade ou d'un fou, la bouche ouverte, le visage crispé -, soudain je me jetai à l'eau. Je m'appelle Jonas, bredouillai-je, et un gargouillis honteux se fit entendre dans mon arrière-gorge." J.Chessex
jeudi 8 octobre 2009
1er jet
" Je mis la main sur la tête de l'enfant; une sombre puissance monta de la terre à travers l'enfant et vint faire trembler ma main dans ses cheveux.
- Et puis, dit-elle, si vous saviez comme il est intelligent. Vous allez voir...
Une automobile arrivait :
- Qu'est-ce que c'est celle-là ?
- Une Ford, répondit l'enfant.
Je jure par les arbres que cet enfant m'a dit : « C'est une Ford.»
Sa voix était claire comme ce premier jet des fontaines qu'on débouche." J.Giono

















